Débat autour de la financiarisation du football
Le projet de la FIFA de créer une société commerciale ouverte aux investisseurs privés, visant à augmenter les revenus du football, a suscité un débat international. Gianni Infantino, le président de la FIFA, a défendu cette initiative, la présentant comme « une opportunité mais pas une obligation » et une « proposition » s’inscrivant dans un processus démocratique. Il a souligné que ce plan pourrait permettre de reverser environ 20 millions de dollars à chacune des 211 fédérations membres de la FIFA sur une base volontaire. L’objectif serait de « faire émerger les prochains Cap-Vert », en référence à la sélection de ce petit État insulaire qui a atteint les 16es de finale du dernier Mondial pour sa première participation.
Cependant, cette proposition a été accueillie avec des inquiétudes par plusieurs instances majeures. Des fédérations comme celles de l’Angleterre, de l’Allemagne et de la France, ainsi que l’UEFA, ont exprimé leurs réserves. Le Premier ministre britannique, Andy Burnham, et l’Union européenne ont également manifesté leur opposition, Bruxelles estimant que « la commercialisation effrénée du football était devenue nocive ».
Réactions et préoccupations
Cyril Mourin, ancien conseiller sport d’Emmanuel Macron à l’Élysée et actuel dirigeant de Sideline Conseil, a qualifié ce projet de « financiarisation totalement débridée ». Il interroge la cohérence économique et la pertinence d’une telle société commerciale. Selon lui, une part trop faible de la valeur commerciale croissante du football revient aux acteurs qui en ont le plus besoin, et ce projet représente une occasion de dynamiser le développement du sport à l’échelle mondiale.
Le président de la FFF, Philippe Diallo, a également exprimé ses « interrogations » et son inquiétude concernant ce projet. Il a regretté le processus de consultation, indiquant que les fédérations membres n’avaient pas été associées et ne disposaient pas d’éléments suffisants pour se prononcer sur des sujets fondamentaux pour l’avenir du football. Il a jugé le projet « inquiétant » et a mentionné des événements récents, tels que le carton rouge retiré à Folarin Balogun ou le projet de passage à 64 équipes après 48, comme des exemples nécessitant une révision de la gouvernance de la FIFA. Il a également souligné que d’autres pays partageaient ses réflexions.
La ministre des Sports, Marina Ferrari, a également critiqué le projet, affirmant que « le football n’est pas à vendre ! » et que « la méthode est aussi préoccupante que le fond ».
Malgré les critiques, Gianni Infantino a insisté sur le fait que le projet n’était qu’une proposition et non une obligation, et qu’il s’inscrivait dans un processus démocratique.
Source: lequipe.fr