Le paysage du football italien est marqué par le retour de Roberto Mancini en tant que sélectionneur, une décision qui ne fait pas l’unanimité. Cette nomination intervient après une période de turbulences au sein de la Fédération italienne de football (FIGC), notamment suite aux démissions de Paolo Maldini et Leonardo, qui n’étaient en poste que depuis seize jours.
Giovanni Malagò, le nouveau président de la FIGC, a opté pour le retour de Roberto Mancini, malgré la controverse nationale qu’avait suscitée son départ précédent. Initialement, la nomination d’Andrea Pirlo avait été envisagée, mais des polémiques liées à ses liens avec une société de paris sportifs russe ont conduit à son écartement.
Un choix contesté après des départs marquants
La démission de Paolo Maldini et Leonardo, nommés le 11 juillet, est survenue en raison de désaccords avec la direction de la FIGC. Leur mission était de reconstruire le football italien, mais leur proposition de nommer Andrea Pirlo a été rejetée, entraînant leur départ. Cette situation a été qualifiée de prévisible par certains observateurs, comme Ezio Maria Simonelli, président de la Serie A.
Avant ces événements, des noms prestigieux comme Carlo Ancelotti et Pep Guardiola avaient été sondés pour le poste de sélectionneur. Cependant, l’option Guardiola a été abandonnée suite à son refus. La piste menant à Thiago Motta, proche de Maldini et Leonardo, a également perdu de son élan après leurs démissions.
La décision de Giovanni Malagò de rappeler Mancini a été prise dans un contexte où le temps pressait. Il a justifié son choix en affirmant que Roberto Mancini était la bonne personne pour le poste, malgré son départ en 2023. Les excuses de Mancini concernant son départ ont été prises en compte, selon le président de la FIGC.
Le passé de Mancini et la réaction des tifosi
Roberto Mancini, qui a mené l’Italie à la victoire à l’Euro 2021, est également l’entraîneur qui était sur le banc lors de l’élimination de la Nazionale en demi-finale de barrage de la Coupe du Monde en 2022 contre la Macédoine du Nord. Cet événement est considéré par beaucoup comme l’un des moments les plus sombres de l’histoire de la sélection.
Son départ de la Nazionale en août 2023, annoncé par e-mail alors qu’il était à Mykonos, a été vivement critiqué en Italie. Le timing et la manière ont été jugés inappropriés, d’autant plus que l’Italie devait affronter la Macédoine du Nord et l’Ukraine un mois plus tard pour les qualifications à l’Euro 2024. Mancini a ensuite accepté un poste de sélectionneur en Arabie saoudite, un choix qui a été perçu comme une trahison par de nombreux tifosi et une grande partie de la presse.
Malgré ses regrets exprimés publiquement et en coulisses, où il a reconnu que quitter la Nazionale était une erreur, l’opinion publique reste divisée. Un sondage mené par un quotidien sportif italien a révélé que 85,9 % des votants estiment que le départ de Mancini pour l’Arabie saoudite est trop grave pour justifier son retour, tandis que seulement 15,8 % y sont favorables.
Le retour de Mancini, accompagné de la nomination de Claudio Ranieri comme directeur technique, marque un retour à des figures expérimentées et familières pour la fédération. Ce choix, bien que défendable, est perçu par certains comme une incapacité à rompre avec les vieux réflexes et à initier une véritable révolution au sein du football italien.
La conférence de presse de Roberto Mancini, prévue pour mercredi, pourrait être l’occasion pour lui de réitérer ses excuses, mais il reste incertain si cela suffira à apaiser les tensions et à effacer le sentiment de trahison encore présent en Italie.
Source: eurosport.fr