Alors que le Tour de France approche de sa conclusion avec des arrivées prévues à l’Alpe d’Huez et sur les Champs-Élysées, le peloton présente des signes de fatigue prononcée après presque trois semaines de compétition intense. Les coureurs ont dû faire face à des conditions exigeantes, notamment des températures élevées et un rythme de course soutenu.
Les deux premières semaines de la course ont été marquées par des températures dépassant fréquemment les 40°C, ce qui a eu un impact significatif sur l’endurance des participants. Tadej Pogacar avait déjà souligné en fin de première semaine que « le corps se fatigue avec cette chaleur ».
Un peloton éprouvé par les conditions
Plus d’une semaine après ces observations, Warren Barguil a confirmé que « tout le monde est usé par la chaleur des premiers jours ». Les directeurs sportifs partagent ce constat. Yvon Ledanois, directeur sportif de l’équipe XDS-Astana, a déclaré que « 85% des mecs sont rincés, pour ne pas dire 100% », décrivant la situation comme de la « survie » pour les coureurs.
Laurent Pichon, son homologue de la formation Pinarello-Q36.5, a également mis en avant la difficulté des étapes à venir, alors que « beaucoup de coureurs sont déjà très fatigués ». Il a comparé cette édition du Tour de France à « un Grand Prix de Formule 1 tous les jours » en raison des vitesses moyennes record atteintes depuis le départ de Barcelone.
La victoire de Søren Wærensjkold lors de la 11ème étape, bouclée à 50,910 km/h, illustre ce rythme effréné. Ce tempo intense met les corps à rude épreuve. Le champion olympique de l’omnium, Benjamin Thomas, a confié que « cette année, on commence quasiment tous les jours par deux heures à fond ».
Baptiste Veistroffer, de l’équipe Lotto-Intermarché, a également témoigné de cette fatigue généralisée. Après avoir tenté de s’échapper lors de la 17ème étape, il a indiqué que « tout le peloton commençait à être poncé, comme on dit, vraiment fatigué ».
Impact de la fatigue sur la santé des coureurs
La fatigue accumulée rend les coureurs plus vulnérables aux maladies. Benjamin Thomas a souligné que « le moindre rhume peut t’emmener à la maison » et que « la fatigue fait des dégâts, il y a beaucoup de malades ». Il a ajouté que « on sent qu’on peut avoir de grosses défaillances ».
Cette vulnérabilité a été observée au sein de l’équipe UAE Team Emirates-XRG, qui a perdu Brandon McNulty. Des signes inquiétants ont également été notés chez Adam Yates et Tim Wellens. La prudence est de mise, comme en témoigne Jonas Vingegaard, souvent vu portant un masque en dehors des courses, une pratique imitée par Paul Seixas.
Le directeur sportif de Paul Seixas chez Decathlon-CMA CGM, Julien Jurdie, a résumé la situation en affirmant que « si vous n’êtes pas à 100%, ça peut amener des surprises ». Malgré l’avance de plus de quatre minutes et demie de Tadej Pogacar sur Remco Evenepoel à 48 heures de l’arrivée sur les Champs-Élysées, la course reste incertaine.
La fin du Tour se joue désormais beaucoup sur le mental, comme l’a exprimé Alexandre Delettre de Total Energie, dont les batteries sont « presque à plat ». Il a déclaré que « la différence c’est au niveau mental, c’est dans la tête ».
Le manager général de l’équipe française Groupama FDJ, Thierry Cornec, a souligné que la fatigue généralisée pourrait créer des opportunités pour les équipes en quête de victoire d’étape. Sur les 23 formations en lice, 14 sont toujours à la recherche d’un succès sur ce Tour de France.
Le peloton est entré dans les Alpes et doit affronter une étape exigeante vers Orcières-Merlette, avec un parcours de 185 km. Les coureurs devront puiser dans leurs dernières réserves pour ces étapes finales.
Le dernier week-end de la compétition promet du spectacle, avec une étape alpine proposant plus de 5000 mètres de dénivelé positif ce samedi.
Source: sports.orange.fr