Un projet de la FIFA visant à vendre une partie de la Coupe du monde à des investisseurs privés a déclenché une opposition significative de la part de nombreuses associations membres. Ce plan, élaboré en secret avec les conseils de la banque américaine J.P. Morgan & Chase, prévoyait le transfert du contrôle financier des compétitions de la FIFA à une nouvelle entité commerciale, Fifa Forward Enterprise (FFE). Selon une présentation consultée par Eurosport, 20% de la propriété de FFE, incluant la Coupe du monde, aurait été vendue à un investisseur extérieur, identifié comme le fonds d’investissement américain Thrive Capital.
Le projet aurait également pu mener à une augmentation du nombre de compétitions organisées par la FIFA, incluant la proposition d’une Coupe du monde biennale et une nouvelle Coupe du monde des Clubs à trente-deux équipes. Le président de la FIFA, Gianni Infantino, aurait été pressenti pour devenir le « Commissaire » de cette nouvelle structure, ce qui lui aurait permis de rester une figure centrale du football international au-delà de son mandat présidentiel prévu pour 2031, s’il était réélu au Congrès électif de la FIFA à Rabat le 18 mars 2027.
Une opposition grandissante
La révélation de ce projet par le Times a provoqué une vague de réactions négatives. Le Premier ministre britannique, Andy Burnham, a demandé la démission de Gianni Infantino, déclarant que « Le football n’appartient pas aux investisseurs » et que « La Coupe du monde n’est pas un produit. »
L’UEFA, avec ses cinquante-cinq membres, a publié une déclaration forte, menaçant de ne pas participer aux compétitions de la FIFA tant que la proposition ne serait pas entièrement abandonnée et que des garanties seraient fournies que la FIFA n’ouvrirait pas sa gouvernance et ses compétitions à des intérêts privés. Michel Platini, ancien président de l’UEFA, a personnellement félicité l’actuel patron de la Confédération européenne, Aleksander Ceferin, pour la position unanime de l’instance.
La Concacaf, qui représente les fédérations d’Amérique du Nord, d’Amérique Centrale et des Antilles, a également exprimé ses préoccupations, soulignant un manque de respect des procédures et insistant sur la nécessité d’une bonne gouvernance et de procédures rigoureuses. L’AFC, la Confédération asiatique, a également critiqué le manque de consultation et de prise de décision de la FIFA, appelant à un examen urgent de sa gouvernance.
Démission et incertitude
Le conseiller principal de Gianni Infantino, Carlos Cordeiro, a démissionné avec effet immédiat, déclarant qu’il ne pouvait pas rester alors que la FIFA envisageait de vendre une partie de la Coupe du monde. Il a affirmé n’avoir été aucunement impliqué dans le projet et s’y est fermement opposé.
La fédération belge a également réagi par l’intermédiaire de Pascale Van Damme, présidente de son Conseil d’administration, affirmant que la Coupe du monde est un patrimoine sportif et sociétal unique qui doit être géré dans l’intérêt du football. Elle a souligné que des décisions ayant un tel impact sur l’avenir du football mondial doivent être prises dans le cadre d’un processus transparent et rigoureux.
Au total, cent trente-six des 211 associations membres de la FIFA se sont opposées au projet. Ce nombre représente une majorité significative et met en question la réélection de Gianni Infantino, dont le mandat se termine en 2031.
La Confédération océanienne de football (OFC) a pris acte du processus de consultation de la FIFA et a invité ses fédérations membres à examiner la proposition, tout en réaffirmant son engagement à collaborer de manière constructive avec les différentes parties prenantes du football. Le projet de Gianni Infantino, surnommé « Gianni Cash » par certains, a été perçu par beaucoup comme une tentative de monétiser excessivement le football, au détriment de son intégrité.
La FIFA a également remis sur la table un projet de Coupe du monde à 64 équipes et se donne deux semaines pour désigner une agence chargée d’analyser ce nouveau format.
Source: eurosport.fr