Le Collectif des ouvriers agricoles et de leurs ayant-droit empoisonnés par les pesticides (COAADEP) intensifie ses efforts pour obtenir réparation face à l’ampleur du scandale sanitaire lié aux pesticides en Martinique. Ce collectif se bat notamment contre les effets dévastateurs du chlordécone et d’autres pesticides neurotoxiques.
Depuis plusieurs mois, le COAADEP organise des actions de sensibilisation et d’information. Leurs membres ont multiplié les sorties de terrain pour montrer aux institutions les conditions de vie et de travail des ouvriers agricoles. « Nous ne pouvons être parmi vous car trop affectés », a déclaré Yvon Sérénus, un membre du collectif.
Le 6 mai 2026, le collectif a présenté des résultats alarmants concernant la présence de résidus de pesticides. Selon une étude récente, 41.6% des fruits et légumes vendus dans l’Union Européenne contiennent des résidus de pesticides, dont 25.5% présentent plus d’un type de pesticide. Les oranges, les raisins de table, les fraises et les pommes sont parmi les aliments les plus contaminés.
Les pesticides identifiés sont principalement des neurotoxiques. « Ces résultats restent préoccupants car de plus en plus de preuves scientifiques montrent que l’exposition aux résidus de pesticides via les aliments est liée à des risques plus élevés de développer des maladies chroniques telles que le cancer », a expliqué Martin Dermine, un expert en santé publique.
En parallèle, un projet de loi d’urgence agricole pourrait permettre l’autorisation d’utiliser l’acétamipride, un pesticide déjà interdit en France. Cela suscite une vive inquiétude au sein du collectif et parmi les défenseurs de la santé publique.
La lutte du COAADEP est essentielle non seulement pour obtenir justice pour les victimes d’empoisonnement, mais aussi pour améliorer les conditions de travail des ouvriers agricoles en Martinique. La loi Duplomb, qui vise à encadrer l’utilisation des pesticides, doit être renforcée pour protéger la santé publique.
Alors que le collectif continue son combat, il reste à voir comment ces efforts influenceront la législation sur les pesticides et la protection des travailleurs agricoles dans la région.