Le 1er mai 2026, Air France a décidé de reprendre le survol de la Libye, une décision qui inquiète vivement les syndicats. Malgré l’accord de la direction générale de l’aviation civile (DGAC), des organisations comme le SNPNC-FO expriment des préoccupations quant à la sécurité des passagers et du personnel.
Cette reprise du survol vise à réduire les temps de vol vers certaines destinations africaines. Par exemple, les vols vers Kinshasa gagneront 47 minutes, et ceux vers Johannesburg 52 minutes. Ces gains en temps peuvent sembler attractifs pour les voyageurs d’affaires, mais ils soulèvent des questions importantes sur la sécurité aérienne dans une région encore instable.
Depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye peine à retrouver sa stabilité. Deux gouvernements se disputent le pouvoir, et des combats ont eu lieu à Tripoli l’année dernière. Dans ce contexte, le syndicat SNPNC-FO juge la décision d’Air France « irresponsable », affirmant que le risque est trop élevé compte tenu des tensions actuelles.
Les préoccupations ne se limitent pas aux syndicats. L’autorité européenne du transport aérien recommande également de ne pas survoler la Libye en raison des risques potentiels, notamment ceux liés aux missiles. « Nous avons la confirmation que mi-avril, la commission sécurité, santé et conditions de travail des pilotes a émis un avis de danger grave et imminent », a déclaré un représentant syndical.
Air France, pour sa part, assure que « la sécurité des voyageurs et du personnel est une priorité ». Cependant, cette affirmation est mise à l’épreuve par les réticences croissantes face aux dangers potentiels liés au survol d’une région en conflit.
Alors que plusieurs compagnies comme Qatar Airways, Emirates, Egyptair et Turkish Airlines évitent encore le survol de ce pays, Air France semble prendre un chemin différent. Il reste à voir comment cette décision sera accueillie par les passagers et si elle aura un impact sur les réservations vers ces destinations africaines.
La situation en Libye continue d’évoluer, mais pour l’instant, les inquiétudes concernant la sécurité aérienne restent au premier plan des discussions parmi les professionnels du secteur.